Je suis en train d’écrire un texte, “un One Woman Show”, enfin pas exactement mais chut…
un avant-goût ?
Alors me voila dans le caniveau et ce n’est pas le reflet de la lune que j’y vois. Moi je n’ai pas de face cachée, juste un profil pas avantageux sur MySpace. C’est nickel, avec la wifi on peut bloguer dans le caniveau. Les clébards viennent hurler à la mort entre mes jambes. Un caniveau c’est plus profond que le plus profond des océans. Capitaine Némo ne s’y aventurerait pas même avec un génie visionnaire. On n’envoie pas les garde-côtes, c’est trop dangereux. Il n’y pas de saumon assez courageux pour y nager à contre courant, que des femmes qu’on appelle des morues ou dont on dit « vise un peu la moule ».
J’ai appris à lire les lignes de la voûte plantaire des va-nu-pieds mais j’en ai eu marre, je n’arrivais pas à y voir l’avenir. Y a un talon qui y est resté un jour, dans le caniveau. Je l’ai appelé Achille. Il s’était cru invulnérable sous le poids d’une cheville qui avait trop gonflé. Dans sa flaque de pisse de chien, j’ai voulu lui raconter l’histoire des chaussures de Cendrillon pour lui redonner le moral. Qu’on allait peut être le recoller et qu’il irait au bal. Il s’est mis à chialer, il ne connaissait que la chanson de Téléphone. J’ai continué, ça diluait un peu l’urine.