Page d'Archives 2

20
oct
08

Dommage

 

“J’aime les rencontres improbables” m’a-t-on dit, moi aussi, sauf quand ce qu’il y a de plus improbable en elles est qu’elles se renouvellent.

06
oct
08

 

 

19
sept
08

Extrait de C’EST VRAI : “les rideaux”

 

 

 

 

 

 

 

 

Solange   - ça doit faire un bout de temps qu’on est là.

Maurice   - Comment tu sais ça ?

Solange   - Les rideaux sont sales

Maurice   - C’est vrai mais on aurait pu juste arriver et ils auraient pu être déjà sales.

Solange   - C’est vrai

Maurice   - Donc on ne sait pas depuis quand on est là.

Solange   - Tu trouves ça important de le savoir ?

Maurice   - Non

Solange   - L’important c’est d’être là.

Maurice   - C’est vrai.

Solange   - Et puis si on se fiait aux rideaux, ça ferait quoi de les laver ? on ne saurait plus que ça ne sert à rien de se rendre compte qu’ils sont sales.

Maurice   - C’est vrai.

Solange   - Alors on les laisse comme ça, jusqu’à ce qu’ils se figent par la crasse incrustée ?

Maurice   - Jusqu’à ce qu’elle bouche les trous de la dentelle.

Solange   - Ils sont en toile.

Maurice   - Alors jusqu’à ce que les mites en fassent de la dentelle !

Solange   - Mais ils finiront par tomber en poussière ?

Maurice   - C’est vrai

Solange   - Alors quoi ?

Maurice   - Alors on regardera les vitres et on dira qu’elles sont sales

Solange   – J’y avais pas pensé.

Maurice   - Tu vois, tu t’inquiètes toujours pour rien.

Solange   - C’est vrai

Maurice   - ça doit être pour ça que les hommes politiques ne savent pas depuis quand ils n’ont plus de conscience. Peut être que ça a été l’engrenage après avoir lavé leurs rideaux.

Solange   - Alors quand on voit des rideaux tout propres, on sait que les habitants ont les mains sales !

Maurice   - Il ne faudrait jamais avoir de rideaux. Tous les malheurs du monde en découlent. Ça a commencé comme ça. On a oublié quand on les a achetés puis on a oublié qu’on a aimé, on a oublié qu’on a été heureux. Les rideaux, c’est la fin du monde, d’ailleurs c’est pour ça qu’au début il n’y en avait pas.

Solange   - Et pourquoi le premier à en mettre à sa fenêtre a eu cette idée saugrenue ?

Maurice   - Il a eu honte.

Solange   - Honte ?

Maurice   - Oui. On ne sait pas s’il était heureux ou malheureux. C’est parce qu’il a eu honte qu’il a caché son bonheur ou son malheur derrière ses rideaux.

Solange   - Peut être que la lumière le gênait ?

Maurice   - Il aurait pu mettre des lunettes de soleil.

Solange   - C’est vrai. Alors pourquoi on ne les enlève pas les rideaux ?

Maurice   - Parce que c’est pas nous qui les avons mis, tu comprends ?

Solange   - Oui, c’est pas les morts qui mettent les petits rideaux noirs dans les corbillards.

Maurice   - Quand on a dit aux prisonniers dans les camps de concentration «  vous allez prendre une douche » pour qu’ils s’agglutinent dans les chambres à gaz, ils se sont demandés pourquoi il n’y avait pas de rideaux de douche. 

Solange   - C’est parce que les nazis n’avaient pas honte de les exterminer.

Maurice   - Pourtant s’il n’y avait jamais eu de rideaux, Hitler n’aurait pas été Führer.

Solange   - Oui parce que peut être qu’il n’aimait pas les rideaux des juifs ?

Maurice   - Surtout quand ils les cachaient !

Solange   - Les juifs auraient caché leurs rideaux parce qu’Hitler ne les aimait pas ?

Maurice   - Non, les rideaux cachaient les juifs.

Solange   - Alors Hitler aurait dû détruire tous les rideaux !

Maurice   - Peut être qu’Eva aimait les rideaux et elle l’a supplié de ne pas les détruire !

Solange   - Les juifs ne se sentaient pas chez eux. Pourtant on achète des rideaux pour se sentir chez soi.

Maurice   - Et puis il faudrait pas qu’il y ait de gens qui achètent des rideaux.

Solange   - Et puis il a fallu inventer l’argent pour qu’on en vende.

Maurice   - Il faudrait qu’on arrête de fabriquer des rideaux et qu’il n’y ait plus de gens qui en vendent !

Solange   - C’est vrai, comme ça ils ne s’étonneront pas qu’il n’y ait pas de rideaux de douches dans les camps !

Maurice   - Tu vois, sans rideaux, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Solange   - C’est vrai !


15
sept
08

11
sept
08

Extrait de “C’est vrai”

 

 

Solange    - Etre mariés depuis quarante ans, c’est beau hein ?

 

Maurice    - Oui, comme le temps…

 

Solange    - Je sais pas, j’ai pas encore ouvert les volets.

 

Maurice    - Non, beau comme le temps qui passe.

 

Solange    - Tu trouves ça beau toi ?

 

Maurice    - C’est toi qui viens de dire que c’est beau d’être mariés depuis quarante ans.

 

Solange    - C’est vrai.

 

Maurice    - Oui, comme le temps.

 

Solange    - Le temps qui passe ?

 

Maurice    - Et le temps qu’il fait. Il pleut ou il fait du soleil, on est jeune ou on est vieux. C’est beau parce que c’est vrai.

 

Solange   - Dis donc Bernard Henri Levy, si le toubib te dit « monsieur, vous avez un cancer de l’anus », tu vas trouver ça beau parce que c’est vrai ?

27
août
08

Envie d’en lire un peu plus ?

 

La première scène de “LE BOUT DU TUNNEL” est disponible sur le site du PROSCENIUM

 

Un groupe de touristes français à New York prend le métro pour aller au World Trade Center Le matin du 11 septembre 2001


 

27
août
08

Extrait 2 de “LE BOUT DU TUNNEL

Thérèse         - Les Américains aiment se faire peur. Vous n’avez pas remarqué comme ce sont les rois du scénario apocalyptique ?

 

Yann        - C’est vrai, pour montrer qu’ils sont les plus forts à la fin.

 

Morgane         - Il n’y a pas qu’eux qui font semblant d’être vulnérables.

 

Thérèse         - C’est comme si justement ils n’avaient peur de rien.

 

Antoine         - C’est peut être parce qu’ils s’ennuient qu’ils se sentent obligés de faire la police du monde.

 

Lucette         - De quoi auraient-ils peur ?

 

Thérèse         - Qu’on les oblige à manger des cuisses de grenouille ?

 

Morgane         - Et du fromage qui pue.

 

10
juil
08

c’est pas l’histoire de deux blondes

L’idée d’un projet de longue haleine mûrit…

Pour thème : deux femmes mythiques, pas Marilyn Monroe et Anna Nicole Smith, d’ailleurs c’est pas l’histoire de deux blondes puisque la pièce ne sera pas comique…

à suivre donc.

10
juil
08

Road story

 

Une road story en Bretagne… deux femmes qui n’on rien en commun

 

“On ne vous a pas assez répété que lorsque les femmes disent non, en fait elles disent oui ? Alors je refuse catégoriquement votre invitation à m’emmener dans le Sud. Vous alliez où ? je descendrai à Saint Tropez. J’espère qu’il n’y a pas de ponts sur la route ou il faudra faire un détour. On a tout notre temps, n’est ce pas ? (la dévisageant) surtout vous. Vous venez juste d’avoir votre permis de conduire, je me trompe ?”

10
juil
08

A venir…

Monologues décalés ou pas, extraits de pièces ou pas

Monologue à deux voix (prochainement dans : “Projets”)